Il faut construire les villes à la campagne (Alphonse Allais)
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Fini d'installer l'arrosage automatique, petits tuyaux percés d'un trou devant chaque plan, connections et le tout gouverné par un timer électronique à piles. Ca marche comme une montre suisse (et ça coûte moins cher!). Tous les tuyaux visibles sur la photo sont maintenant enterrés. Travail lent car souvent interrompu par des racines résiduelles qu'il faut enlever avec le tracteur ou à la main car le bull a arraché les plus grosses mais ils en restait des petites et moyennes. Si on je les enlève pas elles vont lancer de la repousse à la saison humide.
J'ai fait l'acquisition d'un petit chat tigré (ou rayé, dans le sens transversal c'est tigré, longitudinal c'est Gordini?) Il est encore petit mais les souris ont bientôt fini de rigoler vu comme il s'entraîne! L'autre nuit il s'est retrouvé nez à nez avec un gros possom dans un arbre. Le marsupial a émis un son pas très euphonique qui devait vouloir dire "casse toi de là t'es pas de ma bande" que le chat a parfaitement compris d'ailleurs sans en venir aux griffes, ce qui valait mieux car ces deux bébettes en sont très bien pourvues et le possom n'était pas un ado lui,il était quatre fois plus gros!
Les arbres fruitiers ne sont pas encore crevés! Quelle prouesse! Avec ce soleil impitoyable et mes performances passées en la matière, les statistiques ne sont pas vraiment favorables… (Toutes les plantes que j'ai approché dans ma vie à moins de 1,5m sont mortes dans les deux semaines suivantes… Pas vraiment ce qu'on appelle "les doigts vert"). Cette fois ci c'est sérieux, je suis plus ou moins supervisé et je lis les magasines… Presque fini la "raffinerie" ce sera du "pousse bouton et tourne moi cette vanne". Marre des débranchements de tuyaux pleins d'huile, du bricolage manuel (Manuel il est fatigué). Une fois les 10 bidons versés dans le chaudron de chauffage, je me douche et le reste c'est Pr Frogmobile en blouse blanche… Installé aussi la station service attenante avec un carboy de 1000 L perché et un beau tuyau transparent: Ce nectar est bien trop joli pour couler anonyme dans un tuyau opaque… Et 20ct d'Euro le litre… J'insiste… Cruel...
Je ne suis pas un grand jardinier moi, plutôt pathétique dans le genre, mais j'aime bien manger des fruits qui n'ont pas traîné deux semaines dans les camions frigo. Et puis les cueillir dans les jardins des copains c'est bien, surtout quand c'est eux qui se sont tapés le boulot de les faire pousser mais j'habite un peu loin de tout le monde alors si je veux des arbres fruitiers, c'est maintenant qu'il faut les planter. La vitesse de l'évolution de mes travaux correspond d'ailleurs assez bien à l'échelle de temps qui nous concerne dans l'affaire de faire pousser des arbres: Si la maison et
tout le bataclan que je veux construire arrive un jour à terme, le whisky sera prêt dans son petit tonneau de 20L (holà! j'en dis trop là!) et les pamplemousses vont pleuvoir…Et puis c'est l'histoire du bonheur différé: comme c'est toujours plus vert chez les voisins, ce sera toujours mieux dans 3, 5 ou 10 ans… On sera peut être roide comme un cierge au fond d'un trou, les cricket auront peut être tout bouffé ou pire encore, un lac fétide aura remplacé mon paradis tropical. (La menace d'un barrage ici n'est pas encore totalement écartée). En attendant et bien "on a 20 ans, on y croit et alors on met le paquet" comme disait mon adjudant! J'ai défriché et labouré vite fait 500m2 avec "Brutus" (quelle chance, la veille il avait fait un orage énorme, le premier de la saison et la terre était humide et meuble, sans poussière) et planté 2 manguiers, 1 avocat, 2 mûriers (pour faire du vin de mûres) citrons, pamplemousse roses et des arbres à fleurs australiens pour attirer les colibris. Je précise que cet espace est en bas, près du tuyau d'eau du stage 1, donc loin du site de la maison future. Je ne veux pas pomper deux fois de l'eau d'arrosage et de plus le futur chantier du haut ne peut pas être encombré par des arbres qui poussent. De surcroit, pour planter quelque chose la haut il faudrait un marteau piqueur! Alors qu'en bas c'est du limon sablonneux. Je transfèrerai les arbres d'ornement vers la maison plus tard. Reste à connecter tous les petits tuyaux pour un arrosage semi-automatique, à nettoyer, niveler et protéger par du grillage et de la tôle ondulée car les wallabies, battus aux rugby vont se venger sur le français...
Et j'ai galéré! Ah ces pompes! Je croyais en découdre en quelques jours mais ça fait deux semaines que je tripatouille. Plaignez votre serviteur qui souffre dans un paysage qui ressemble de plus en plus l'après midi à l'anti-chambre de l'Enfer! D'abord une fuite au réservoir du haut. Il a fallu plonger dedans avec masque et tube pour voir le joint et boucher le trou afin de tout dévisser mais la bague en laiton était coincée et rien pour tenir le pas de vis (ça tourne!) Après maints aller et retours sur la "route du salaire de la peur" j'ai fini par aller chercher un générateur et j'ai tout coupé à la meuleuse et remplacé la buse en laiton par une en plastique. Celle-ci bien serrée enfin ne fuyait plus. Heureusement parce que coté nerfs, les voyants rouges commençaient à clignoter avec insistance, annonçant un mini Chernobyl dans mon système nerveux! Je n'ai toujours pas compris pourquoi cela fuyait au départ. Galère N°2: La pompe de la rivère ne voulait pas s'amorcer! Classique avec les pompes centrifuges:si tout n'est pas à 100% ça ne veut rien entendre. Il n'y avait plus d'air, que de l'eau partout et pourtant ça ne pompait pas! J'ai trouvé la solution dans mon sommeil (ça m'arrive souvent): La colonne d'eau dans le tuyau exerçait une contre pression que la force centrifuge ne pouvait vaincre. (Ca ne peut pas arriver avec une pompe à déplacement de cavités comme la monopompe). Il suffisait de vider le tuyau au 3/4 pour vaincre l'inertie de la colonne d'eau désormais beaucoup plus légère. L'envie de tirer un penalty dans cette mécanique de mes 2 m'a à peine effleuré,,je ne me suis même pas énervé, en fait je suis un gars très calme moi. Après c'était le moteur Yanmar de la monopompe qui était instable. Les accélérations risquaient de créer des surpressions dans les raccords et de les faire péter. J'ai trouvé du jeu dans le gouverneur que j'ai rectifié à la lime et au marteau et ça marche . Ensuite J'ai installé "Sarko" le Carcher, fait passer le tuyau sous la route mais je suis un peu déçu par la pression. 15 bars ce n'est pas suffisant, bigre! Les Carchers doivent opérer à des pressions colossales? Ca ne fait rien, ça suffit amplement pour laver les moteurs, le matos et les véhicules! Les galères ont leur utilité (surtout quand elles sont passées et réglées!): Avant de finalement comprendre où les Athéniens s'atteignirent on est obligé de passer en revue tout le système, vérifier et éliminer tous les autres problèmes et il y en a toujours! Purée, ce n'est pas un blog de construction que j'aurais du ouvrir, c'est un blog de mécanique appliquée!
Tests de pompage vers le tank2 (stage 2) avec la monopompe et le 7hp Yanmar. L'eau coule maintenant à 677m d'altitude soit 132m au dessus du tank 1 et 167m au dessus de la rivière. Debit: 48L/mn soit 3h 1/2 pour remplir le tank de 10500L. Je ne le remplis pas car il n'est pas tout à fait à sa place. Le moteur tourne presque au ralenti, je dois le faire aller un peu plus vite pour le stabiliser donc je remplirai sûrement en moins de 3 heures, mais ça n'a guère d'importance. Ce n'est qu'un test mais enfin ça marche. Afin que ce tuyau en pente sévère ne glisse pas, je l'ai amarré en 4 points aux arbres avec du fil de fer et des colliers ultra-serrés. Je n'ai qu'un seul raccord sur ce parcours et assez de mou pour qu'il ne saute pas (la leçon est apprise!) Il faut installer "Sarko" le Carcher mais je dois tourner un petit raccord en laiton pour adapter ce tuyau très mince. A 15 bars de pression, je vais enfin pouvoir laver ma voiture! Je dois aussi augmenter la largeur des gorges de la poulie de 10 à 13mm et le tour sera joué. Du Tank 2 au site "maison et atelier" il y a 250m de distance et 28m de dénivelé, j'ai déroulé du 2pouces (50mm) ce qui donnera une pression de 2,8 bars, plus que correcte. Au total 1160m de tuyaux dont plus de la moitié en 2 pouces et en 40mm haute pression pour la monopompe. Coût total: environs 4700 Euro inclus les deux citernes. Tout est neuf sauf les deux pompes centrifuges du stage 1. Encore un hic: J'ai mis du roundup en mai mais je n'ai pas brûlé à temps. Maintenant il est impossible de brûler sans foutre le feu au paysage, mes tuyaux ne sont donc pas protégés contre le feu.
Avis au lecteurs: S'il se trouvait par hasard parmi mes lecteurs des personnes qui auraient la mauvaise fortune de ne pas être férues de pompes et de pompage, de moteurs diésels, de courroies, connections, kilopascals et autres joyeusetés, elles risquent de trouver le contenu de cet article un peu sec... Voila plus de dix jours que je suis sur les pompes… En fait ça marche mais pour passer de la théorie (même juste!) à la pratique il faut passer par mille et une embûches pas vraiment envisagées au départ. Exemples: la fuite d'huile au moteur Yanmar, la fuite d'eau à la pompe 2, les connections qui sautent à cause du rétrécissement apparent des tuyaux, (sur 460m l'eau alourdit les tuyaux qui épousent la forme du sol et demandent une plus grande longueur). J'avais prévu du mou mais pas assez. Deux fois le tank de 15000L s'est vidé pendant la nuit, le matin au moment de me laver les dents: plus d'eau dans le robinet! Les vibrations qui détruisent les supports et devissent sans arrêt les boulons. (Contre-écrous ou points de soudures, retours fréquent à l'atelier-container!). L'alignement des courroies sur la monopompe (stage 2) déviées par le tendeur (home made) qu'il a fallu démonter et modifier trois fois. Démontage de la plaque de base pour agrandir les trous au chalumeau (oxy coupe) Etc…etc… En tous cas, le stage 1 est au point: avec les deux moteurs en tandem je remplis les 15000L en 1h 10mn, ça fait du 214L/mn je n'en demandais pas tant. 4L de carburnats dont la moitié c'est du bio-diésel à 20c d'Euro le litre… Entre temps il a fallu aussi aller à Innisfail chercher encore 800L d'huile (gratuite) la vie est dure! A l'hopital découvrir enfin que j'ai la "fièvre de Ross River". (Le docteur Malouf était plus perspicace que le docteur Moucharaff!) Enfin, ça explique beaucoup de choses, en particulier mes genoux enflés et douloureux, des souvenirs d'états bizarres comme en 2002 et en 1998… Comme je vais voir les docteurs presque aussi souvent que les curés, ça explique que je n'en savais rien depuis tout ce temps. Bon, ça se guérit tout seul avec le temps (ça m'arrange: il y a un truc que je crains autant que les maladies, c'est les médicaments!) et on n'en meurt pas! Les après midi aussi, sont de plus en plus "doux" c'est du 34° mais l'avantage c'est que la rivière aussi s'est réchauffée alors je peux savourer enfin l'heure du bain. Les choses avancent doucement mais elles avancent. Avec cette vie sur les chapeaux de roues, je ne fais pas du lard!
La dernière semaine d'Aout c'était le bouquet final,en plus du mal de dos j'avais un genou enflé et était complètement kaput mais sans fièvre. Je ne sais pas si j'ai été piqué par une bestiole mais le docteur Moucharaff n'y a rien compris non plus. Ce docteur ne vaut pas plus cher que le volume d'air qu'il déplace… Quand les forces sont revenues, je me suis rendu compte que j'étais enfin en possession de mes machines en état de marche et de toutes mes facultés (physiques, les autres c'est sans espoir…) et qu'il n'y avait plus qu'à y aller! Après des mois de ce frustratorium j'ai l'impression d'avoir des ailes! Je n'ai plus mal au dos ou presque et j'ai déjà installé la fotte! J'ai acheté d'occase une belle pompe diesel made in India (Gandhi n'avait pas de pompes, il marchait pied -nu) qui me monte l'eau jusqu'à la moitié du Tank 1. Ca n'est pas suffisant et la pompe Japonaise n'y arrive pas non plus. C'est normal, j'ai 40m de hauteur + la friction sur 560m. Demain je les installe en tandem, la deuxième pompe à mi-parcours. Là, ça doit dépoter! Les deux moteurs étant sur accélérateurs gouvernés il suffira de les régler "Grosse-Mado" au départ puis de régler fin avec un des moteurs, l'autre étant relié par un colonne d'eau solide doit se mettre en harmonie automatiquement. La charge étant divisée par deux les moteurs tourneront avec une réserve de puissance ce qui est bon pour la longévité et la consommation. Rien ne sert de faire courir l'eau trop vite dans le tuyau: la friction augmente au carré de la vitesse. Cette dure réalité explique peut être pourquoi la tortue est arrivée victorieuse dans la fable bien connue. (Quand j'aurai fini les pompes, je tenterai de calculer la résistance de l'air dans les oreilles de lièvres).
Il existe quelque part entre le Queensland, le Texas et le Pays d'Oc un diéseliste plus malin que le reste qui s'est mis à la page de la Chine (et oui, on va en avoir de +en+ de cette mécanique Chinoise sur le marché) et qui pourra peut être reconnaître le modèle original de cette pompe chinoise. Les importateurs ne vendent pas les pièces détachées. Il s'agit très probablement d'une copie de Kubota, Yanmar, Bosh, CAV etc…? Ceci est ma question. Le gagnant recevra sous pli discret un régime de bananes du Queensland complet avec le manche. Merci les Gars. Pour répondre il suffit de cliquer "ajouter un commentaire" et de suivre les instruction à l'écran. De mon côté je poste aussi en Anglais sur tous les forums que je connais. Model du tracteur: Euroléopard FT254 (25cv4x4) Foton industries China J'ai acheté une pompe neuve pour pouvoir travailler mais espère racheter ces 3 élément (piston-cylindres) afin de reconstituer ma pompe endommagée et de la revendre car toute la partie mécanique est comme neuve (66h). Voici l'adresse des 6 photos pour identification: http://server5.pictiger.com/albums/3802/euroleopard-inj.pump/
Au flanc de la montagne de l'autre côté du terrain j'ai coupé une route d'accès, terrassé une petite plateforme et dégagé 100m de bush en direction de ma colline. C'est le pas de tir. De cette manière je tourne le dos au voisinage et tire en direction de la montagne, sécurité totale. Cela m'a pris une journée et demie, incluse la finition à la pelle et au rateau. Je construirai plus tard une cabane avec une grosse table en ciment coulé. Je ne serai pas le seul à tirer ici, je connais deux énergumènes passionnés de vieilles armes et de poudre noire: Polo le Tchèque et Carlos de Cooktown. De belles journées en perspective! C'est cool quand même d'avoir un tir de 100m sur son lopin.