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23 janvier 2022 7 23 /01 /janvier /2022 10:10

La possibilité d'une victoire de la Droite aux prochaines élections en France va sans doute remettre à l'honneur le vieux débat sur la Peine Capitale. J'ai déja lu quelque part que 52 pour cent des Français étaient favorables au rétablissement de la peine de mort. 
J'ai dit dans mon article de blogue Ils les ont mé fusillés! que j'étais contre la peine de mort et je n'ai pas changé d'avis sur le fond. Mais viendrait un référendum (dans l'un ou l'autre de mes deux pays) sur la question je ne voterai pas... Je ne suis plus assez "contre" pour voter contre. Je ne suis pas assez "pour" pour voter pour. J'ai donc évolué depuis mon article de 2015 écrit un peu sous l'influence de ma colère de l'exécution en Indonésie de deux Australiens. Je suis contre pour des raisons purement pragmatiques. Parce que la peine de mort sera tôt ou tard abusée par un état et une justice maladroite en qui je ne peux pas faire confiance en possession de cet outil redoutable. Émotionnellement et philosophiquement je suis pour. Je ne vois pas pourquoi on sacralise la vie d'un Michel Fourniret ou d'une Ilse Koch... Il y a dans la justice un élément de vengeance, n'en déplaise à Robert Badinter. Il y a dans la vengeance un élément de justice, n'en déplaise aux bien pensants.
"You forfeited your right to humanity" dit simplement et superbement l'Aborigène au Blanc qu'il a enfin capturé et ficelé. Il lance la corde par dessus une grosse branche et le pend sans plus d'état d'âme que s'il venait d'ôter la poussière sur son "swag". Une simple corvée mettant fin à une longue tragédie. Cet homme venu de la lointaine Europe avait dilapidé son droit à l'humanité en massacrant sa famille et en tuant  d'autres Indigènes au hasard des rencontres "pour le sport" comme on disait encore en Australie jusque dans les années 1920...*
Les grand discours de Robert Badinter sur ce sujet ne m'impressionnent pas mais c'est dans le respect que je me permets  de remettre en cause sa philosophie concernant la peine de mort. Badinter est un grand homme et une victime de première loge de l'Holocauste Nazi. Je peux par conséquent comprendre son aversion tous azimuts pour la mort institutionnelle. Ceci ne résout pas pour autant le problème de l'efficacité de la justice des hommes envers les pires criminels de nos sociétés censées être pacifiées et sûres. Le traumatisme hérité de cette sinistre période continue à peser sur l'émotionnel de la Gauche et l'émotion n'est pas bonne conseillère. Une belle couche d'hypocrisie enveloppe également ce débat: Etiez vous si nombreux à réprimer un sanglot en regardant ces images d'archives où l'on voit enfin se balancer au bout d'une ficelle les pires criminels du 3e Reich?  L'abolition fut avant tout en ce qui me concerne, une victoire de l'auto-satisfaction pour une société toujours en mal de progrès. Une société obsédée par son image.  Le 9 octobre 1981 en France fut la date du grand "selfie" historique de cette caste devant le grand étendard de la Vertu. 
La Justice-nounou que nous avons instauré ne peux pas remplir son rôle de déterrent et de nettoyeuse. Cette justice est devenue pratiquement une parodie de justice: impitoyable pour les citoyens ayant commis des fautes vénielles mais  franchement démissionnaire pour les pires éléments de notre société. Une justice doit toujours être un cran plus forte que le criminel qu'elle juge et cela implique peut être de détenir aussi le monopole de la violence suprême. Les barbares qui hantent nos rues et nos parcs, en particulier ces épouvantables et indétectables criminels sexuels eux n'ont jamais renoncé à la peine de mort. Ils l'infligent à des innocents, à des jeunes filles pour satisfaire je ne sais quelle pulsion, ils anéantissent à jamais ce qu'il y a de plus beau, de plus précieux dans notre société pour je ne sais quelle éphémère gratification. Ces "faits divers" me sont insupportables. Nous en sommes tous collectivement blessés dans notre humanité. "Without justice barbarians rule" disait Franco Nero dans une de ces belles séries policières anglaises des années 80. Dans "La vie l'amour la mort", un  titre ronflant pour un film tendancieux de Claude Lelouch que j'ai vu dans les années 70, le personnage principal tue deux prostituées et est conséquemment condamné à mort. Tout le film se déroule autour de lui, il est la victime... Oubliées les deux femmes étranglées parce que Monsieur avait un problème d'impuissance sexuelle.. C'est sa belle mère qui le dénonce à la police après avoir trouvé dans les poches de sa veste des tickets de corrida, preuves circonstancielles permettant son arrestation. On notera ici la culture machiste de Lelouch  et de son époque, le bon vieux cliché éculé de la "perfide belledoche"  (mais qui avait légitimement peur pour sa propre fille) ainsi que le sempiternel mépris  envers les dames de la nuit.. Aurait il choisi des prostituées (appelées encore facilement "putains" à cette époque) pour pouvoir facilement les oublier, profitant de leur statut social diminutif afin de concentrer son récit sur sa "vraie" victime: le futur guillotiné? (admirablement joué par Amidou). Enfin si l'on n'en partage pas l'idéologie, ce film perd tout son sens.  

Un référendum après les élections pourrait rétablir la peine capitale? Serait elle réservée exclusivement à des individus exceptionnellement odieux? Tueurs en série, sadiques, meurtrier et tortionnaires d'enfants, violeurs-tueurs, égorgeurs djihadistes, criminels de guerre, tous ces gens dont le récit des faits nous est insoutenable? Ce serait la condition pour laquelle je voterai en faveur mais je l'ai dit, cela n'arrivera pas de cette manière. Sous Vichy on exécutait des "tricoteuses" (femmes pratiquant des avortements clandestins). Si la peine de mort devait revenir il faudrait alors supprimer le privilège de la grâce présidentielle. C'est une aberration qui élève le président de l'exécutif au rang de juge suprême et qui fausse le mécanisme de la justice. Elle allège le procureur de toute responsabilité en se déchargeant sur le président de la république à qui revient de facto la décision finale. Ceci peut l'encourager à plus de sévérité dans son réquisitoire et à réclamer la peine capitale. 
On l'a compris: Je n'irai pas voter pas pour la peine de mort mais si elle revenait je n'en perdrais pas le sommeil. 

* Référence au film australien The Tracker joué principalement par l'Aborigène David Goulpilil décédé récemment.

 

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