Samedi 13 janvier 2007
J'ai fabriqué un bel accessoire pour mon tracteur: Une armature sur laquelle je fixe deux lames en acier carbone pour soulever les palettes, les troncs etc.. C'est Polo le Tchèque qui m'a fait les soudures car j'étais en panne d'argon avec mon Mig et ses soudures seront meilleures que les miennes de toutes façons. J'ai pu enfin remanier mon tas de bois qui était menacé par les termites. Bien m'en a pris! Les petites garces s'étaient déjà invitées à diner, bien avant même que je commence à construire! Ha c'est comme ça? Vous avez cyniquement abusé de mon innocence et bien on va voir ce qu'on va voir! Fini les fleurs dans les cheveux et les gentils écolos ! Fini le bon Docteur Jekyll, il est parti en ville mais c'est Mister Hyde qui revient! Avec des cadeaux plein les bras: "Pyrethrine", "Allethreine", "Chloropyrophos"… Ca c'est pour attendre… Au mois d'avril je lance la "solution finale" (hmm...le bon goût de cette analogie peut être sujet à débat…): Je fais des pièges et je fais venir le monsieur en habit de cosmonaute avec sa redoutable poudre de perlinpinpin, le TRIOXIDE ARSENIC. On peut exterminer à 100% sur un périmètre choisi. Et c'est tout expliqué sur l'Internet. (Pour les écolos: les quantités en jeu sont infimes et ne ciblent que les termites) Les termites maintenant séparées de leur nid sont livrées à la vindicte des fourmis noires: La pauvre soldatesque termite fait figure d'armée d'opéra devant cette armada organisé, agressif et conçu pour rien d'autre que la destruction tous azimuts! On dirait la cavalerie Polonaise face aux panzers de la Wermacht (pour rester dans les rapprochements historiques foireux…) Cet incident m'apprend plusieurs trucs qui vont me servir pour quand les choses deviendront plus sérieuses: Les termites commencent par manger la cerise sur le gâteau. C'est-à-dire le bois tendre (pin, chêne soyeux) quel que soit sa position dans le tas. On peut peut être utiliser du bois sacrificiel et sous surveillance constante dans un construction pour savoir quelle est la situation à tout moment par rapport à ces petites bêtes qui font partie intégrante du système et dont on ne se débarrassera jamais totalement.
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Mercredi 3 janvier 2007
Mon projet d'auto construction sur un grand terrain nu n'est pas sans dangers. Sans parler des accidents ou arrêts forcés pour cause de santé, de famille etc., il y a le danger de le voir se transformer en "éléphant blanc". Je veux dire que je dois rester économiquement viable à tout moment, ne pas fouetter un cheval mort, c'est-à-dire de ne pas surinvestir en argent mais surtout en travail dans un projet voué à l'échec ou dans un projet qui côuterait plus cher que l'achat d'un terrain/ habitation fini. Il y le danger de l'enlisement dans une galère sans fin, du découragement et du gaspillage d'énergies qui seraient plus rentables ailleurs comme dans un emploi rémunéré. La majorité des "auto constructeurs" (owner-builders) sont des couples qui travaillent avec des revenus mais leur projet s'étale généralement sur dix ans. Je suis seul dans mon entreprise avec des revenus limités mais j'ai un nombre d'avantages. A condition de vivre chichement et d'acheter malin (ce que je sais faire) je dispose de 7 jours par semaine sur mon terrain. J'ai la possibilité d'obtenir de la main d'oeuvre semi gratuite avec les "woofers" (vacanciers travailleurs volontaires). Mon terrain est payé et j'ai quelques facilités coté finances grâce à un héritage en 2002. Je suis économe, ascète, pas fainéant (mais pas un bourreau non plus hola!) et j'ai fait un plan sur trois ans: Je dois générer suffisamment de valeur ajoutée sur ce terrain pour recouper l'équivalent d'un salaire moyen, c'est-à-dire être payé pour mon travail. La hausse continue de l'immobilier (qui est un fléau en général, surtout pour les jeunes!) est à mon avantage mais trêve d'illusions: l'inflation grignote le tricot par l'autre bout! Coté emploi: je n'ai guère de chances d'accéder à autre chose qu'aux boulots tristes et mal payés. Également: il y a des taxes sur les revenus et sur les achats (TVA10%) En shuntant tout le système on économise pratiquement toutes les taxes. L'aspect romantique de mon projet de construire une maison stylée dans un cadre idyllique viendra seulement si ces conditions sont remplies. Hé oui, c'est la dure réalité à laquelle personne n'échappe. Le bilan pour cette année n'est pas très fameux à cause de la panne catastrophique du Dozer. C'était une erreur d'acheter cette machine. Un entrepreneur aurait pu tout faire pour moins cher et moins de galère. A l'époque je n'étais tombé que sur des usuriers et j'ai trouvé ce petit engin à vendre presque sur ma route, comme une réponse à mon problème. Pari perdu. Les mécanos sérieux et sympas qui m'ont dépanné je ne les ai connus qu'après!
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Dimanche 24 décembre 2006
Joyeux Noel et bonnes fêtes de fin d'année à toute ma famille en attendant de les voir bientôt, aux potes et à tous les lecteurs de "projet Franceville" que je remercie pour leur attention et que j'espère n'avoir pas trop "rasé" avec mes salades!
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Samedi 23 décembre 2006
Beaucoup de réparations, d’entretient, avec 4 véhicules qui tournent, il y a toujours une bricole à réparer ou à rectifier, reste encore les freins de la Patrol et la pompe à injection de la Toyota (300M Kms alors que la Peugeot en a 400M et marche toujours comme une montre suisse enfin, je parle du moteur-turbo). Heureusement j’en ai trouvé une à 440 $ mais j’ai les glandes avec Toyota, je crois maintenant que Nissan c’est plus sérieux. Fait 1000 l de fuel, installé une clôture avec portes en fil de fer. Mon Bull n’est encore remonté car mon mécano a refusé certaines pièces envoyées qui étaient douteuses, il a bien fait. Je suis allé chercher 75 tôles ondulées à Innisfail c’était une vraiment belle ballade. Dès qu’on va vers l’Est le paysage verdit, on traverse une espèce d’Auvergne avec de l’herbe verte et des vaches à lait. C’est la « tableland » d’Atherton. Altitude moyenne 800m mais on passe à 1000m vers MillaMilla et il y fait frais. Ensuite ça descend tout le long jusqu’à Innisfail dans la forêt de pluie, il y a tellement d’animaux que le ministère de la faune a installé des ponts en cordes au dessus de la route pour que les possoms et les kangourous arboricoles puissent traverser sans se faire transformer en descente de lit. Quel plaisir de rouler sur ces routes peu fréquentées et magnifiques par temps superbe, avec la chaleur tempérée par l’altitude. A Béatrice River je me baigne dans de l’eau qui ressemble à de l’eau d’Evian, les rivières de jungle sont toujours très claires. En bas sur la côte, on retrouve la chaleur humide tropicale du mois de décembre. Il y a une zone de marais avec des nénuphars où je relâche mon gros serpent (python d’eau « liasis fuscus ») car j’ai décidé de ne plus m’occuper d’animaux avant d’avoir tout construit. Je repars vers mes montagnes le lendemain à 4h du matin car je crains d’être en surcharge et je préfère minimiser les chances de rencontres avec les « rabat-joie ». Je croise quand m^me quelques camions qui roulent eux aussi à ces heures indues et ne doivent pas avoir eux non plus la conscience tout à fait tranquille…
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Samedi 9 décembre 2006
Baignade à la rivière le matin et changement de place de la nasse à écrevisses car elle est vide. Les jeunes peuvent se reposer de leurs études et de leurs boulots. L’après midi tir au zouave calibre 58 : mieux vaut épauler correctement et ne pas oublier le casque à oreilles ! L’arbre qui portait la cible est déchiqueté. Les grognards de Bonaparte… Heu, non je me trompe d’époque eux ils avaient les Charleville Cal 69 et en face les Brown Bess Cal 75 pour se décoiffer les perruques ! Ensuite creusement d’un four à pizza en moins d’une demie heure ! Enfin, les termites ont dû mettre du temps quand même pour faire l’extérieur. Feu expérimental à l’intérieur et ça chauffe ! Même sans porte. Il faudra élargir un peu et faire un panneau pour fermer l’entrée mais ça marche super. Ensuite les jeunes sont repartis dans le soleil couchant et je me suis retrouvé un peu tristounet devant ma soupe de pâtes. Pas pour longtemps d'ailleurs car il y avait Don  Giovanni à la radio FM et la nuit était particulièrement étoilée. Plus ça va moins j'ai envie de retrouver la télé...
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Vendredi 8 décembre 2006
Aujourd’hui ma fille et son copain sont venus me voir. Ils avaient apporté du curry (mais on a quand même jeté deux steaks sur le barby pour faire bonne mesure) et un gateau, parait que c’est mon anniversaire ! Alors bon anniversaire to me. Toujours aussi gamin !
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Dimanche 26 novembre 2006
Comme c’est vilain ! Les arbres ont roussi car ça a chauffé pas mal mais les kangourous sont de retour car bien qu’il n’ait pas plu depuis six mois, l’herbe verte commence déjà à repousser, une semaine après le feu. L’autre jour la voisine était en pleurs car elle avait dû libérer ses kangourous et wallabies mais à mon avis ils vont revenir d’autant plus qu’elle leur donnait des patates douces et des salades ! Je dois aller à Innisfail chercher 75 tôles ondulées gratuites. En Mars le cyclone Larry a tout cassé là bas en bas et il y a de la démolition–reconstruction dans l’air donc de bonnes affaires.
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Dimanche 19 novembre 2006
Ca y est c’est gagné ! Un furieux vent de SE s’est levé et le front est reparti vers nous. On n’y coupait pas ! Les pinpons sont venus vendredi soir en tenue de combat avec leur camions, talky walkies et casques à boulons… Ils s’en sont donnés à cœur-joie avec leur torche à kérosène. J’étais parti avec la Nissan sans portes jusqu’au sommet de la colline pour sauvegarder des tôles neuves en mouillant autour mais ces joyeux pyromanes avaient déjà mis le feu de l’autre côté et les flammes m’ont dépassé. J’ai du abandonner mon extincteur pour courir plus vite vers la bagnole et redescendre dare dare car ça manquait d’air. La surprise était à la descente : les fire-happy avaient aussi incendié l’autre versant. Génial, me voilà cerné ! Il ne reste qu’une seule manière de retourner du bon coté du feu : c’est de traverser le rideau de flamme avec la voiture. Instinctivement je vais pour remonter les vitres : humm… ‘y plus de portes ! Je les ai enlevées pour monter et descendre plus vite de voiture et aussi faire plus « safari »! Après une bonne apnée et des yeux qui pleurent je suis à nouveau en sécurité mais je me souviens d’un moment d’incertitude pas très sympathique quand j’ai vu que ça chauffait des deux côtés… Ces feux d’herbe sont plus impressionnant que méchants mais assez joué les Indiana Jones ! Mes tentes et mes affaires sont maintenant dans une « ile » non brûlée grâce à la route circulaire, un genre de « périph » que j’avais coupé au bulldozer et les pompiers sont restés une demi heure avec leur camion près à intervenir au cas où le feu traverserait car le vent ne s’était pas calmé. Ensuite ils sont partis et j’ai dû patrouiller une partie de la nuit avec une couverture à surveiller des départs de feu éventuels. Mes véhicules étaient parqués au loin en sécurité. Des arbres en feu en s’écroulant envoyaient des gerbes d’étincelles qui traversaient joyeusement portées par ce vent furieux qui ne voulait pas se calmer. Vu les dimensions du terrain et le manque d’eau je crois que j’aurais eu l’air malin avec ma couverture si mon ilot d’herbe séche avait pris des allures de Cap Canaveral…






















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Mercredi 15 novembre 2006
That is the bloody question! Le “fire Warden” est venu me voir hier pour me demander si on pouvait bouter le feu à mon terrain afin de faire un contre feu car ça se rapproche et le front est immense. On n’y échappera pas ! Avec l’assistance du camion d’eau de la brigade rurale je suis d’accord. Mes routes deviennent des pare-feu et on peut arroser autour de mes affaires, le reste peut brûler plein pot, après au moins je serai tranquille pour cette année et pourrai m’absenter sans flipper. Le voisinage apprécie ma décision car ils ont tous des structures, des animaux etc… En brûlant la nuit sans vent ça donnera un véritable parc dans 2 ou 3 mois, tout vert avec la pluie et ça nettoie l’excès d’arbustes. Si on ne brûle jamais, le bush s’épaissit au cours des années et en période de sécheresse et de chaleur extrême on a des feux catastrophiques. Un problème néanmoins : Le n°3 va brûler aussi et la dame du 3 a des kangourous et des wallabies dans un enclos... Entre temps le vent est tombé (et on est passé de 35 hier à 39° aujourd’hui) et le feu s’est stabilisé ce qui nous donne deux jours de répit.
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Lundi 13 novembre 2006
Fini la cabane téléphonique. Panneau solaire de 20w, batterie. Tout marche en 12v : transformateur de 12v en 9v pour le téléphone, inverter de 240v pour les autres recharges et l’ordinateur portable. Pour le moment tout marche mais je tire comme un saligaud sur cette pauvre batterie avec tout mon matos et je ne sais pas si 20w ce n’est pas un peu court. Rien ne m’empêche plus tard de rajouter des panneaux solaires en parallèle. En attendant, « Marcel » il chauffe, pas un nuage dans le ciel et si j’oublie une clé à mollette au soleil il faut un chiffon pour la ramasser ! Apparitions fréquentes de serpents dangereux et fumées inquiétantes dans le ciel bleu. La nuit, ce sont des rougeoiements encore plus inquiétants derrière la montagne au Sud Est. Comme c’est de là que vient le vent, le feu avance dans ma direction. Evidemment, mon bulldozer n’est pas encore fini de réparer (attente de pièces) alors je suis un peu beaucoup en retard pour les pare-feu. J’ai commencé avec le baquet du tracteur, ça va doucement mais ça marche. De toutes façons je n’ai pas d’eau pour éteindre les départs de feu allumés par les brandons soufflés par le vent alors j’ai un peu l’impression de confondre « violoncelle » avec « vespasienne ». Mais que faire d’autre ? Je ne peux pas rester inactif devant cette menace. Les gros orages de fin novembre devraient mettre fin à la saison du feu mais je ne suis pas bien prêt à ce niveau là non plus : Il y a encore beaucoup de bâches et peu de hangars ! Maintenant que j’ai le téléphone, je crois que je vais commander une maison Phoenix !
par Frogmobile publié dans : projetfranceville
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