Il faut construire les villes à la campagne (Alphonse Allais)
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J'ai rapporté de la ville avec mes freins neufs une belle gastrœntérite, résultat: deux jours de typhus, enfin le deuxième jour ça allait déjà mieux mais le samedi c'était fièvre et…tout le reste. Bon, les freins c'est bien pour deux trucs: c'est pas cher et c'est facile à bricoler. Je vais bien retaper cette Nissan pendant que je ne peux rien faire d'autre (pas de nouvelles de mon bulldozer, cette fois ci j'ai franchement peur de téléphoner…) Ce matin j'étais assez fort pour repartir dans la montagne avec mon pulvérisateur finir le round-up le long du tuyau. Je bouterai le feu au couloir d'herbe sèches ainsi créé d'ici un mois. Je déniche une grosse seringue vétérinaire de dans mon bazar afin d'en faire une éprouvette graduée pour doser l'herbicide. Dedans il y a comme de la poussière et une toile d'araignée: je tape à l'envers pour y décoller mais ça ne vient pas donc machinalement je passe le doigt… Il tombe sur la table une jolie petite araignée noire et rouge, pas une de ces grosses bêtes velues qui vous font tout lâcher et reculer d'un mètre, une araignée si mignonne qu'on a envie de jouer avec! Mon sang se glace tout de même dans mes veines car j'ai vite photographié la demoiselle: elle est fatale. C'est la fameuse Red Back Spider du Nord tropical, elle est mortelle, distinction qu'elle partage avec sa copine de Sydney l'Atrax (funnel Web Spider). Il y a même une chanson populaire bien connue où il est question d'un pauvre type condamné à la constipation car une "red back spider" a élu domicile sur le "toilet seat" du dunny (Dunny= cabane au fond du jardin). Je n'ai rien pour en faire une inclusion de résine, je lui colle un pain à la place non sans avoir d'abord pris une belle photo: (Le liseré noir c'est exprès...)
J'attends toujours ma machine mais j'ai de quoi m'occuper: ce qui doit être fait doit être fait tôt ou tard et pas forcement dans l'ordre qu'on voudrait. Un peu comme le tiercé. J'ai voulu tester les véhicules chargés de sable sur la route qui monte à la colline avec ses trois passages redoutables mais avant j'ai testé sur un petit raidillon près de la rivière. J'ai bien fait! La Nissan Patrol avec remorque et 2,6 tonnes de sable au total a calé juste avant le sommet et comme elle n'a pratiquement plus de frein, je ne vous raconte pas la redescente… La remorque en travers et la Patrol a bien failli cabaner… Heureusement rien de cassé à part les feux arr de la remorque… Le tracteur (Euroléopard) emmène 330 litres de sable sans aucun probleme mais d'une lenteur désespérante! Il faut 1h30 pour faire une rotation jusqu'en haut et il faut charger l'arrière à la pelle dans des seaux et il faut faire 3 rotations pour un M3! Le bagne! De plus si il calait dans une des montées il ne faudrait pas compter sur les freins chinois… La Toyota est incapable de monter une remorque de sable : les roues arrachent le sol. Pas assez lourde et impossible à charger c'est une berline. Dommage, elle avait toute la puissance nécessaire et la sécurité. Finalement la Patrol emmène une charge de 1m3 soit 1,5 t jusqu'au sommet sans remorque mais j'avais sacrément les chocotes en montant cette côte! J'ai fait deux rotations pour chronomètrer : 1h30 aussi mais le déchargement à la pelle est long tout seul. Avec les woofers ça ira plus vite. Je charge avec le tracteur (baquet de 150 litres). De la rivière au sommet il y a plus d'un Km et 140m de dénivellation. Morale de cette aventure: Plus question de s'aventurer hors du plat avec la Nissan Patrol avant de lui avoir refait les freins au complet y compris un frein a main neuf. Ce 4X4 est littéralement increvable (elle doit avoir au moins 500 milles Km) et elle a connu l'enfer avec moi depuis 1996. Dessus j'ai un treuil 24v qui m'a déja tiré une fois ou deux de la Palmer River… Ca yest j'ai démonté tous les freins, je change tout: pompe à vide, cloche, maitre cyl, cyl de roues, garnitures, les durites sont bonnes mais un disque av est complètement silloné. Faut changer, je trouverai une bonne occase. J'ai aussi soudé mon chassis de monopompe et fait un tas de petits trucs. Les petits trucs ça peut vous bouffer des journées entières et puis deux jours plus tard on ne se souvient même plus de ce qu'on a fait!
La plaque d'embrayage droite a pété sur mon Dozer d'où le délai prolongé. Je vois d'ici le safari pour trouver une nouvelle plaque, se faire arnaquer, puis trouver que la nouvelle aussi est fendue… C'est de la fonte. Le mécano me donne la vieille et on décide de la recopier avec mon camarade syndiqué Polo le Tchècoslovaque, enfin c'est surtout lui moi j'utilise le tour sous sa supervision. On part d'un bloc d'acier coupé à l'oxy de 35mm d'épaisseur et de 35cm de diam et d'une grosse barre en acier. Pendant deux jours complets on enlève du metal: on remplit un 44gallons de copeaux… Sa machine ne fait que 90cm. Bon c'est réussi. Ce gars est un as tous azimuts. On change aussi la pompe à injection de ma LandCruizer et on construit l'ébauche de mon chassis pour la monopompe avec une jolie poulie à ressort home made comme tendeur de courroies. Je finirai ça ici avec mon Mig. Dans mon container de bateau j'ai un vrai atelier (exigu). Son bled est à 120km de chez moi et à 1000m d'altitude, la nuit on pète de froid. Le mécanicien de Tolga nous téléphone le troisième jour pour nous dire qu'il a trouvé une plaque d'embrayage pôur 250$! Merdre! C'est pas vrai! Même au tarif copain, 'y en a au moins pour le double...Laissez pas trainer les lames de rasoir...
Ca y est, vous l'avez eu votre Gemdarmme de St Tropez! Ce gars la m'inquiete beaucoup au niveau de la politique etrangere: (dóu je suis, elle m ínteresse beaucoup) Il se tapent sur le bide avec Georges Bush et il va nous ramener les Americains que DeGaulle avait foutu dehors, nous raccrocher au "Grand Frere" et nous entrainer dans ses merveilleuses aventures mondiales et guerrieres... Ne me parlez pas des Australiens et de Johnny Howard svp ne remuez pas le couteau dans la plaie! Mais je crois que cette annee enfin les Labor vont reprendre la barre car sa croisade contre les syndicats passe vraiment tres mal. Les Australos seraient en train de se reveiller apres 11 ans de lethargie politique?
Avec ces saloperies de 4x4, les gens vont maintenant partout: Rien ne sert d'habiter au Trou du Cul du Diable (Vauvert) ils viendront vous les briser où que vous soyez. Les campeurs, les explorateurs du dimanche, les moutards motards avec leur petites pétoires bruyantes, les familles Groseille qui vous enguirlandent les buissons de papiers cul et laissent leurs cannettes de bières et couches de bébés, les emmerdeurs, les voleurs… Ils ne sont pas encore très nombreux mais je vois se dessiner une tendance depuis un an. Les conneries ont déjà commencé: Mon kayak volé l'année dernière et ce matin en allant pulvériser du round up le long de mon tuyau je vois des traces de pneus près de la rivière qui montent vers mon patch: je les suis et je découvre un arbre abattu à la scie et à la hache et…emballé le joli tronc! Evidemment, ils ont choisi le plus beau. C'est un Cyprus il y en a un bosquet à cet endroit et je les gardais pour plus tard… Je change le programme de la journée et je confectionne immédiatement deux booby-traps, type herse enterrée. Les accès ne sont pas nombreux vu la nature du terrain, les arbres et les rochers donc ils sont faciles à placer! Si "partir c'est crever un pneu" disait l'ami Coluche, venir voler mes arbres c'est crever les 4! Et malheur à celui qui mettra le pied là dessus ça traverse la godasse et tout le pied car j'ai acéré les clous à la meule, c'est solidement fiché en terre et ça dépasse de 7 cm…. Une fois la terre et les feuilles sèches remises dessus c'est parfaitement invisible et j'ai placé des marqueurs en bois mort pour éviter de me flanquer le pied dessus… Les VietCong marquaient ainsi leurs pièges redoutables et leurs mines, ce qui ne les empêchaient pas de se faire sauter la gueule de temps à autre… D'ailleurs j'ai toujours eu de la sympathie pour le VietCong… J'ai mis des panneaux mais je ne peux pas clôturer tout le terrain. De toutes façons, les voleurs de bois précieux n'hésiteraient pas à couper la clôture. F...k the lot of them!
Pas de nouvelles de ma machine: Ce silence m'inquiète, je fini par téléphoner au mécanicien prêt à entendre une autre mauvaise nouvelle… Oui, c'est bien ça, quand je devine juste c'est toujours des bad news, bloody hell! Cette fois ci c'est l'embrayage droit : FORNICATED! Lors des tests, un petit roulement a pété au bout de la fourchette d'embrayage qui s'est mise en travers et a bouffé le gros pas de vis sur l'axe. Quand il aura fini de sortir l'axe à la presse je pourrai l'emmener chez le camarade Polo le Tchèque qui possède aussi la soudure au cobalt! Je veux reconstruire le métal (au MIG cobalt) autour du pas de vis détérioré et le re-machiner au tour. De cette manière je suis sûr d'avoir un pas de vis plus solide que l'original. Je dois aller chez lui de toutes façons pour changer la pompe à injection de la Toyota qui est elle aussi forniquée… Punaise, je suis sensé construire une maison et je n'en sors pas de cette maudite mécanique! Par contre le petit tracteur chinois "Euroleopard" marche du tonnerre. J'ai baqueté du sable de la rivière pour faire des lits sous les réservoirs d'eau en PVC. Avec des visiteurs j'ai déroulé les tuyaux PVC 50mm (500m) pour le bas et déroulé 450m de PVC 40mm haute pression dans la pente avec Polo qui passait par là ce jour là. Brûlé l'herbe sèche dans le lit de ruisseau où passe le tuyau et pulvérisé du Round Up sur l'herbe haute où passe le tuyau dans les pentes. Sur le plat j'attend le retour du dozer pour l'enterrer. Au total bientôt 1200m de tuyaux installés et connectés. Reste encore à fabriquer un chassis solide pour la monopompe et son moteur, puis un socle en béton à sa place definitive.